Édition : profitez du meilleur des deux mondes – KeoT

Édition : profitez du meilleur des deux mondes – KeoT

KeoT est un auteur de l’imaginaire dont on connaît peu de choses si ce n’est son intérêt pour l’informatique et les atmosphères fantastiques et inquiétantes.

Il a mis ses études entre parenthèses pour devenir auteur à plein temps et commencer à publier ses nouvelles en 2017 dans des revues et anthologies. Depuis 2019, avec la sortie de son recueil de nouvelles, Éclats de silicium, KeoT a également mis un pied dans l’auto-édition.

Je lui ai posé quelques questions pour avoir son point de vue sur ces deux moyens de publication. Je le remercie d’avoir pris le temps de me répondre pour partager son expérience !


Ta carrière a commencé dans l’édition traditionnelle avec de premières publications à partir de 2017 dans la revue Etherval et l’anthologie Réalités volume 2 chez Realities Inc. En quoi ce début en édition traditionnelle influence ta carrière ? Du positif ? Du négatif ?

Je dirais que ces premières publications ont vraiment contribué à me donner confiance dans ce que j’écris. Pour le format court du moins (je n’ai publié que des nouvelles pour le moment). Même si j’avais des retours de bêta-lectures, etc., la validation d’une sélection éditoriale dans le cadre d’un appel à textes m’a vraiment donné le sentiment d’une reconnaissance de mon travail.

Tu as donc une approche hybride de l’édition : les publications dans des revues et anthologies en édition traditionnelle et ton recueil de nouvelle en auto-édition. Pourquoi avoir choisi l’auto-édition pour Éclats de silicium ?

J’ai opté pour l’auto-édition essentiellement car j’ai appris petit à petit combien le marché de la nouvelle est mort en France. À tel point qu’en littérature de l’imaginaire, la grande majorité des maisons d’édition ne prennent même pas les manuscrits de recueils de nouvelles. Mais je voulais malgré tout partager ces textes que je voyais difficilement trouver leur place dans des appels à textes. Ils sont plutôt centrés autour du thème de l’informatique, c’est pas un sujet que j’ai souvent vu passer en appel à textes. Alors quitte à ce que le livre n’ait pas un succès commercial qui aurait pu intéresser une maison d’édition, j’ai tout de même tenté de le proposer avec l’auto-édition.

Entre l’édition traditionnelle et l’auto-édition, qu’est-ce qui est le plus avantageux pour toi financièrement parlant ?

En étant nouvelliste, clairement l’auto-édition. Les contrats pour les publications en anthologie sont très rarement rémunérés. Et quand ils le sont, la part auteurs est divisée par le nombre de contributeurs présents dans le recueil. Donc elle se compte en général à hauteur de quelques centimes par ouvrage vendu.
Mais je ne blâme pas du tout les maisons d’édition qui m’ont publié pour ça. Ce sont de petites structures souvent associatives qui ne peuvent vraiment pas fonctionner autrement que sur cette part de bénévolat ou quasi-bénévolat.

Comment as-tu procédé au contrôle qualité pour Éclats de silicium ?

Pour les 5 nouvelles inédites (2 autres avaient déjà été publiées en revue ou anthologies, et étaient donc passées par un suivi éditorial, corrections, retouches, etc.) j’ai fait appel à plusieurs bêta-lecteurs pour chaque texte. J’ai essayé d’avoir au minimum 4 ou 5 retours différents pour chaque nouvelle (si ce n’est davantage). Je voulais vraiment estimer si le texte semblait pouvoir présenter un intérêt pour les lecteurs.

Pour la mise en page et la préparation de la maquette pour la version papier, j’ai fait ça de façon très empirique, je dois dire… En commandant des tirages auteur à trois reprises avant de parvenir à la version à peu près finale. J’ai corrigé deux trois petites choses par la suite mais rien de très conséquent). Ce qui m’a donné le plus de fil à retordre au niveau ajustements, c’est la dimension des marges et l’espace de pied de page, ainsi que l’emplacement du titre sur la couverture… C’est surtout ça qui m’a poussé à plusieurs tirages tests avant d’obtenir un rendu qui me satisfasse !

Tu évoques tes bêta-lecteurs… Comment trouver des partenaires fiables en auto-édition ?

En général, je procède par « cercles » en commençant par solliciter des ami.e.s IRL ou en ligne que je connais bien. La plupart du temps, ce sont aussi des auteur.e.s et avec lesquels on est dans une relation de don/contre-don avec les bêta-lectures. Iels me lisent, je les lis en retour, et ainsi de suite.
Dans un deuxième temps, si je doute encore d’un texte et si j’aimerais avoir plus de retours, il m’est arrivé de passer carrément une annonce sur Twitter. Et parmi les twittos avec lesquels on est souvent en contact plusieurs se sont proposés. Et on s’est mis dans ce cycle de don/contre-don à notre tour. Ça a donné l’occasion de faire plus connaissance et de se rendre service mutuellement !

Tu es bien connu de la communauté littéraire de Twitter grâce à ton rendez-vous des micro-nouvelles. C’est un outil marketing pour toi ou juste pour le plaisir et l’amour de la micro-nouvelle ?

Honnêtement, les deux ! Le jeu a vraiment commencé à la fois COMME un petit délire entre amis twittos et un jeu d’écriture sur un format peu habituel pour nous. Cette idée est toujours là. Ça me fait sincèrement plaisir quand j’ai des retours de gens qui ont trouvé dans les micro-nouvelles un moyen de se remettre à écrire voire de s’y mettre tout court parfois. Et qui attendent la nouvelle image du jour avec une certaine impatience !

En contrepartie, c’est indéniable que ça donne une certaine visibilité à mon compte. Et ma foi, c’est un bon coup de pouce côté marketing effectivement. Et comme ça me demande tout de même un peu de temps tous les jours (environ entre 15-20 et 30-40 minutes selon les jours entre le temps de chercher et poster l’image et celui de lire et retweeter les micro-nouvelles sur le compte dédié, ce que je ne fais pas tous les jours toutefois, j’attends d’avoir plusieurs séries à partager)… Ça motive forcément un peu d’avoir du « retour sur investissement » en termes de visibilité !

D’autres stratégies marketing ou outils qui fonctionnent bien pour toi ?

De façon assez basique, j’essaye de créer de l’interaction régulièrement sur Twitter. Partager des questions, des sujets autour de l’écriture ou du travail d’auteur… J’écris aussi quelques articles sur mon blog, récemment j’en ai notamment publié un sur l’auto-édition en focalisant sur l’aspect administratif. Je compte en ajouter un sur la partie « conception du livre papier » dans la semaine qui vient.

Sinon, je vais aussi essayer le partage de citations de mes textes de temps en temps. J’ai lu ça récemment dans un document sur la communication sur les réseaux sociaux écrit par Plume (@splumely). (Elle partage aussi régulièrement des threads sur les personnages et l’écriture).

Et comment gères-tu ton temps entre toutes ces activités ?

J’essaye de me tenir à des horaires de travail réguliers en semaine. Je me déconnecte de Twitter pour me concentrer sur l’écriture… Car sinon c’est vraiment facile de se laisser tenter à privilégier la partie « communication » sur la partie actuellement créative pour moi (haha !).

Et dernière question : beaucoup d’auteurs hésitent entre auto-édition et édition traditionnelle pour leur premier livre. À ton avis, quelles questions doivent se poser les auteurs pour savoir quel chemin emprunter ?

Vaste question ! Il y a vraiment du pour et du contre de chaque côté, c’est indéniable. Je dirais déjà qu’il faut estimer les chances que peut avoir son manuscrit dans le circuit éditorial classique. Pour les ouvrages vraiment de niche, qu’il s’agisse par exemple de recueil de nouvelles ou peut-être de certaines catégories de littérature même en roman, je ne sais pas si c’est le cas, étant donné que le livre n’a pour ainsi dire aucune chance d’être pris par une maison d’édition, l’auto-édition peut devenir la seule alternative possible.

Ce qu’il faut garder à l’esprit pour l’auto-édition, c’est qu’il faudra véritablement tout prendre en charge soi même de A à Z. Et cela va inévitablement demander un investissement de temps plus conséquent. Ne serait-ce que pour se mettre en règle d’un point de vue administratif. En France en tout cas, il y a pas mal de démarches à faire pour pouvoir déclarer ses revenus et payer ses cotisations sociales par exemple. Alors que des droits d’auteur ME sont juste à mentionner sur une section dédiée de la déclaration d’impôts classique.
Mais d’un autre côté, l’auto-édition permet aussi d’être libre au niveau du choix du format par exemple, de la couverture, du prix…


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