Heureux en petite maison d’édition – Teddy Roch

Quand on demande aux lycéens de choisir l’établissement dans lequel ils vont poursuivre leurs études, il y a le premier choix et les plans B. C’est ainsi que beaucoup d’auteurs voient les petites maisons d’édition. Quelque chose qu’on accepte en ravalant sa fierté et dont on essaie de tirer le meilleur. Mais quelques uns d’entre nous ont choisi de petites maisons d’édition en premier choix.

Teddy Roch a publié les deux premiers tomes de sa saga Néo-Monde aux Éditions de la Caravelle. Il nous explique ce qu’il aime dans cette structure.


Est-ce qu’une petite maison d’édition était ton premier choix ? Si oui, pourquoi ?

Une maison d’édition de petite taille était mon premier choix, oui. J’ai vraiment voulu faire la distinction entre les grandes structures et les plus petites avec pour principal argument : la proximité. Pour être tout à fait honnête, je ne pensais pas non plus qu’une grande maison serait intéressée par quelqu’un qui sort de « nulle part », à tort ou à raison. Et savoir mon premier roman noyé dans la masse ne me réjouissait pas. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu tout d’abord m’orienter vers des maisons d’édition comme la Caravelle, à l’esprit plus familial !

As-tu pensé à l’auto-édition ?

Pas vraiment. Je connais pas mal d’auteurs qui sont auto-édités, et j’ai conscience du travail colossal que cela représente de créer un livre de A à Z. Je ne voulais pas revêtir toutes ces casquettes en éditant moi-même ma saga. C’est une rigueur que je ne pense pas avoir, et que j’envie beaucoup ! Et le fait d’envoyer dans une maison d’édition représentait aussi une sorte de « voie traditionnelle » du livre. Une première récompense par l’acceptation de l’ouvrage par des professionnels. Et j’étais plus à l’aise avec cette façon de faire.

Quels avantages vois-tu à être publié dans une petite maison d’édition ?

Je n’ai pas eu l’occasion de comparer, mais ce que j’aime dans ma maison d’édition c’est l’importance qu’on nous donne. Et les échanges qui nous placent aussi en tant qu’acteurs de la création du livre. Nous ne sommes pas au centre d’un processus obscur où nous n’en voyons que l’étape finale sans vraiment pouvoir en parler. L’ambiance familiale joue aussi beaucoup. Ça aide vraiment lorsque nous laissons quelque chose qui nous a habités pendant des mois, voire des années, entre les mains d’une personne à qui il faut accorder notre confiance. Dès le début j’ai été rassuré. Et trois années après, j’en suis le plus heureux !

Et enfin : y a-t-il des désavantages ? Quels genres de livres et d’auteurs ne sont pas faits pour les petites maisons d’édition selon toi ?

Pour moi, le plus gros désavantage serait le manque de visibilité des petites maisons d’édition qui n’ont pas l’influence des grosses. Se faire une place est difficile. Les différentes structures distributrices, et notamment pour les livres papiers, ont du mal à s’engager sur un contrat avec des maisons d’édition de petite taille. C’est un peu le serpent qui se mort la queue en fait. Car sans ceci, l’investissement est conséquent, et cela prend beaucoup de temps.

Pour ce qui est des livres et des auteurs qui ne sont pas fait pour les petites maisons d’édition, je pense que tout auteur y a sa place du moment que la structure dispose du genre en question dans sa ligne éditoriale. C’est un peu la force de ce milieu : tout le monde peut aller partout du moment que cela rentre dans ce que la maison d’édition est prête à éditer, donc partant de ce postulat, il n’y a pas de livre ou d’auteur qui ne sont pas fait pour les petites maisons, tout le monde est le bienvenu !

1 Comment

  • Aydan Posted 2 juillet 2020 15 h 41 min

    Bravo pour cette interview.

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