5 façons de développer votre voix d’auteur

Pour développer votre voix d’auteur, vous devez vous connaître et vous révéler dans vos écrits : voici qui je suis et ce qui m’intéresse le plus.

Pour développer votre voix, comprenez et appropriez-vous votre manière de percevoir le monde, puis exercez-vous et affinez votre capacité à capturer cette perception. Éloignez-vous des opinions et des histoires des autres, de ce à quoi vous pensez devoir ressembler, et soyez curieux de vos opinions, de vos histoires, de vos expériences.

Si vous évitez de faire ce travail, vous risquez de voir votre écriture stagner et de la trouver fade, voire inutile. Tournez-vous vers le développement de votre voix et vous pourriez en retirer de grands bénéfices : plus de fluidité et d’énergie, plus de lecteurs, plus d’occasions d’édition et autres opportunités, et surtout, un travail plus authentique et plus satisfaisant.

Alors, comment faire pour développer votre voix ? Voici cinq idées qui ont fait leurs preuves et qui pourraient vous être utiles.

1. Soyez attentif

Soyez attentif à ce à quoi vous faites attention. Le philosophe espagnol José Ortega y Gassett disait : « Dis-moi à quoi tu prêtes attention et je te dirai qui tu es. »

Qu’est-ce qui vous enthousiasme ? Qu’est-ce qui vous fait perdre la tête ? Quel est le problème pour lequel vous avez une solution ? Quelles images vous attirent ? Quelles structures de phrases vous font vibrer ? Quels sont les mots que vous aimez (ou détestez) ?

Tous ces éléments peuvent être la source de votre voix, mais vous devez leur accorder une attention particulière, sinon ils disparaissent. Ayez conscience de ce que vous remarquez, notez et appréciez même si cela n’a pas (encore) de sens. Faites de la place à ces indices en prenant un congé sabbatique des réseaux sociaux et de Netflix (une seule soirée suffit). L’ennui et le silence sont les alliés de votre voix lorsque vous comprenez et tenez compte de ce qui capte votre esprit et votre cœur.

2. Montrez vos erreurs

Votre voix n’arrivera pas à maturité si vous remaniez votre texte au fur et à mesure que vous l’écrivez.

Essayez de créer de la matière sans l’effacer au fur et à mesure. Ne touchez pas aux enchaînements de mots et d’idées même s’ils ne sont pas tout à fait justes. Que se passe-t-il si vous effacez votre première idée ? Vous interrompez le flux qui vous menait à ce que vous vouliez vraiment dire. En corrigeant au fur et à mesure, vous interrompez votre écriture. Apprenez à tolérer le désordre pour que votre voix ait suffisamment d’espace pour se développer et la permission de se manifester.

3. Pensez à votre lecteur (ou pas)

Avoir un lecteur précis en tête peut être un bon moyen de cibler votre travail. Par exemple, en écrivant cet article, j’ai en tête une amie qui se débat avec son manuscrit parce qu’elle est submergée par trop de conseils d’écriture. Elle m’aide à me concentrer sur les idées les plus importantes plutôt que de me disperser. En revanche, si je pense à un lecteur que je ne connais pas, je vais faire un blocage et me demander ce que je dois écrire.

Pour chaque projet, vous devez décider du moment où avoir un lecteur en tête est utile. Si vous écrivez un article pour LinkedIn sur les moyens de gérer un employé difficile mais précieux, vous pouvez penser à votre ami DRH, ce qui vous fera gagner beaucoup de temps. Mais si vous vous retrouvez en train de retravailler votre texte, d’analyser le moindre mot, de fuir des idées plus complexes ou désordonnées parce que la «présence » votre lecteur vous oppresse, mettez-le à la porte (pour le moment). Faites intervenir votre lecteur au deuxième, voire au troisième jet. Parfois, votre voix a besoin d’un peu d’intimité pour se révéler.

4. Entretenez votre envie

Le poète Billy Collins s’était exprimé lors d’un atelier de poésie à la Maison Blanche sur la manière de trouver sa voix. Il disait : « Lisez beaucoup, lisez toute la poésie qui vous tombe sous la main. Et dans votre lecture, vous cherchez quelque chose. Pas tant votre voix. Vous recherchez des poètes qui vous rendent jaloux. »

Il suggère ensuite de vous inspirer de ces poètes, en imitant ceux que vous admirez jusqu’à ce que leurs influences s’entremêlent et se combinent en quelque chose de nouveau : votre voix.

Je suis d’accord avec Billy Collins, mais seulement si vous associez cette activité à une attention soutenue de vous-même. Vous avez besoin d’influences intérieures et extérieures pour encourager le développement de votre voix.

Voici deux façons de se servir de l’envie pour renforcer votre voix :

  • Quand vous lisez quelque chose qui vous donne envie d’abandonner l’écriture parce que c’est juste excellent et que vous pensez ne jamais être capable de faire ce genre de prouesse, écrivez le passage que vous admirez à la main (ça prend plus de temps et vous apprenez davantage en le faisant). Ensuite, demandez-vous : « Pourquoi ça me plaît tant ? ». Discutez-en avec un ami auteur. Soyez prêt à galérer pour comprendre pourquoi. Bonus : faites-le avec un texte que vous détestez (c’est parfois encore plus éclairant).
  • Créez un lexique pour votre projet. Si vous écrivez un roman dont l’action se déroule dans le désert, rassemblez des noms de plantes, de formations géologiques, de types de nuages. Cherchez dans la poésie, l’histoire, les guides et les romans. N’écrivez que ce qui vous plaît. Vous nourrissez ainsi votre voix et votre projet.

5. Lisez à voix haute

Vous ne pouvez pas reconnaître et renforcer votre voix si vous ne l’entendez pas (et l’entendre dans votre tête n’est pas la même chose que l’entendre à voix haute). Prenez l’habitude de lire à voix haute ce que vous écrivez.

Vous pouvez aussi lire votre texte à voix haute à une autre personne mais sans attendre un retour de sa part. C’est tout à fait stressant si vous êtes du genre à chercher l’approbation ou l’avis d’autrui (« Mais qu’est-ce qu’elle pense de ce que j’ai écris ?! »). Mais ça vous permet d’entendre où vous avez été fidèle à ce que vous vouliez dire et où vous avez contourné la vérité, où vous avez bien creusé et où vous êtes resté à la surface, vous contentant de clichés. Bien sûr, il existe de nombreuses occasions où il est utile d’obtenir des commentaires, mais pas lorsqu’il s’agit d’affiner sa voix.

Revendiquer et partager sa voix, c’est se lancer un défi. Vous irez peut-être à reculons parce que vous sortez de votre zone de confort. Et puis, c’est du travail ! Mais vos écrits seront plus authentiques, toucheront mieux votre lecteur. Vous serez plus satisfait de votre travail, et peut-être même du résultat. Ça vous demandera peut-être plus d’efforts que vous ne l’imaginez, vous terminerez peut-être vos sessions d’écriture fatigué mais vous serez certainement content de vous.

Donnez une voix aux idées et aux histoires que vous êtes le seul à pouvoir écrire.

Coralie Raphael
Coralie Raphael

Je parle beaucoup d'auto-édition et essaie d'aider les auteurs à comprendre dans quoi ils mettent les pieds. Parfois j'écris aussi des livres.
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Publications: 213

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