5 étapes pour une illustration de couverture réussie

Je prends pour exemple l’illustration de couverture, mais j’aurais pu intituler cet article 5 étapes pour travailler avec un illustrateur, car, si vous êtes comme moi, vous n’avez pas que la couverture à illustrer.

Quand j’ai commencé à réfléchir à mon roman, Le Jardin secret de Marie, je savais que je voulais une illustration pour la couverture. À ce moment-là, je n’avais aucune expérience, aucun contact donc ça n’a pas été sans difficulté.

Si vous suivez ces cinq étapes, vous obtiendrez non seulement une illustration dont vous n’aurez pas à rougir, mais votre relation avec l’illustrateur partira du bon pied. Et c’est tant mieux, car vous allez peut-être travailler ensemble pendant des mois ou des années.

1. Cherchez votre illustrateur

Déterminez ce que vous désirez avant de contacter un artiste. C’est important pour les raisons suivantes :

  • Si vous n’avez rien en tête, vous n’aurez pas de consignes à donner. Ça signifie que vous vous retrouverez avec quelque chose de totalement aléatoire. Ça pourra vous plaire. Mais ça ne correspondra pas forcément à votre vision du livre. Le produit fini risque alors fort de vous déplaire une fois que vous l’aurez. Et vous devrez quand même le payer.
  • Ce n’est pas parce que vous avez quelque chose en tête que n’importe quel artiste peut le faire. De nombreux illustrateurs sont polyvalents dans leur style. Mais peu peuvent tout faire, et tous ont leurs forces et leurs faiblesses. Soyez sûr de ce que vous voulez pour éviter à votre artiste de se planter.
  • Vous trouverez peut-être l’inspiration lors de vos recherches.

La couverture de mon roman (illustré par Metanyu) m’a été inspirée lorsque je suis tombée sur la couverture d’un tome du manga Naruto. Le contraste entre le personnage à l’arrière-plan et les deux au premier plan ont déclenché une tempête d’idées qui ont mené à la couverture ci-dessous.

Une fois que vous savez ce que vous voulez, vous pouvez affiner ce que vous recherchez sur le plan stylistique. Pour Le Jardin secret de Marie, je savais que je voulais une illustration dans le style manga, mais dans une direction plus féminine que Naruto. Metanyu a compris ce que je voulais, je n’ai pas été déçue.

Le Jardin secret de Marie
Couverture de mon roman Le Jardin secret de Marie

C’est le moment de vous demander quel rendu vous souhaitez. Voulez-vous qu’il soit net ? Photoréaliste ? Abstrait ? Savoir s’il y a beaucoup d’action sanglante ou si une simple prairie tranquille et fleurie suffit a son importance.

2. Contactez l’illustrateur

Une fois que vous savez ce que vous voulez en termes de rendu (et de contenu), il est temps de contacter votre illustrateur. Je vous suggère de procéder en deux temps.

Phase 1 : présentez-vous par mail

Lorsque vous envoyez un premier mail à un illustrateur avec qui vous souhaitez travailler, il y a, selon moi, des choses à faire et à ne pas faire :

  • Soyez amical
  • Expliquez brièvement le projet (et présentez-le avec enthousiasme)
  • Indiquez une date limite
  • Indiquez votre budget
  • Soyez concis

Si vous tenez absolument à travailler avec cet illustrateur et pas un autre, dites-le-lui, mais sans avoir l’air désespéré.

N’expliquez pas d’emblée l’intégralité de votre projet. Ne lui demandez pas de travailler gratuitement. Ne vous imaginez pas qu’il meurt d’envie de travailler avec vous. Et ne vous attendez pas à ce qu’il lise votre livre. Ne soyez pas avare ; l’argent va déterminer si l’illustrateur peut travailler avec vous. Il a son affaire à faire tourner, alors allez droit au but et dites-lui ce que vous pouvez vous permettre. Faites-lui savoir que vous êtes ouvert à la négociation si besoin, mais n’oubliez pas que ce que vous obtiendrez dépendra de ce que vous payerez.

Phase 2 : exposez votre idée

Supposons qu’un illustrateur avec lequel vous aimeriez travailler vous réponde qu’il est d’accord et qu’il peut même travailler dans le cadre du budget que vous avez fixé. Parfait. C’est le moment de lui envoyer de la lecture.

Ça ne veut pas dire que vous pouvez lui envoyer un exemplaire de votre livre et lui demander de s’inspirer de sa partie préférée (sauf si vous êtes prêt à payer le temps de lecture). Ça ne signifie pas non plus qu’il doit connaître l’histoire ou l’univers de votre livre, la tarte préférée de votre protagoniste (sauf s’il la mange sur la couverture que vous avez en tête).

Ce que vous devez lui donner, ce sont des informations pertinentes. Si elles ont un impact sur l’illustration ou si elles doivent y apparaître, communiquez-les. Pensez également aux questions pratiques (avez-vous besoin qu’il s’occupe également du titre ?) et aux questions plus abstraites (que doit communiquer l’illustration ? De la joie, de la peur, de l’intrigue, etc.)

Décrivez la scène avec autant de détails que possible, donnez au moins ceux qui sont importants. La couleur des cheveux, de la peau et des yeux, le style de l’épée, le type de fleurs dans la prairie…

Quand Metanyu a compris ce que je souhaitais, elle a commencé par un premier croquis. Vous pouvez voir l’évolution de son travail, du croquis à l’illustration finale.

À chaque étape, nous avons échangé sur ce que je voulais : le jeu d’ombres sur les trois personnages en arrière-plan, les couleurs et l’atmosphère également. Ce qui nous amène à l’étape la plus importante…

3. Échangez avec votre illustrateur (et faites-lui confiance)

Sachez que vous pouvez donner votre avis à votre illustrateur. Il va sûrement lui-même vous y encourager, car il veut s’assurer que vous obtiendrez une illustration dont vous serez fier. Et normalement, c’est aussi ce que vous voulez. C’est à vous que reviendra la décision finale. Si vous avez du mal à exprimer vos idées, attendez d’en être capable. Il faut parfois quelques jours, voire une semaine, pour comprendre ce qui vous dérange dans une illustration. Parfois, vous aurez besoin d’une autre paire d’yeux pour le découvrir.

Je montre toujours les différentes étapes du travail à mon conjoint et deux amies, car j’ai tendance à être très enthousiaste et à ne pas voir ce qui ne va pas. Une fois que j’ai compris ce qui doit être modifié, je fais de mon mieux pour communiquer clairement.

Notez bien qu’en cours de route, vous ne pouvez pas réclamer de grosses modifications. Vous devez également faire confiance à votre illustrateur. C’est primordial.

C’est pour ça que c’est si important de bien choisir son illustrateur. Si vous aimez son style et si son travail vous touche, alors vous devez lui faire confiance : il saura se servir de son savoir-faire.

Par « faites confiance à votre illustrateur », j’entends donc : ne lui dites pas comment faire son travail.

En général, l’illustrateur vous envoie quelques ébauches pour que vous puissiez commencer par régler les principaux points : la position, l’angle et tous les éléments nécessaires. Vous pouvez faire des allers-retours autant de fois qu’il le faut pour que cette partie soit correcte, mais vous devez toujours faire de votre mieux pour communiquer aussi clairement que possible afin que cette étape ne traîne pas inutilement. (J’ai été tellement enthousiasmée par l’ébauche de Metanyu que je l’ai prise tel quel dès le premier regard.)

Une fois que vous avez approuvé l’ébauche, l’illustration sera terminée à 80 ou 90 % quelques jours ou semaines plus tard. Les changements majeurs prendront plus de temps (et pourront vous coûter plus cher). La vitesse et le processus dépendront de l’illustrateur, tout comme son degré de patience à l’égard de vos remarques. Il vous donnera peut-être plus d’occasions de vérifier en cours de route, ou il ne reviendra vers vous qu’une fois le projet pratiquement terminé. Dans tous les cas, veillez à ce que vos modifications soient aussi précises que possible pour éviter toute perte de temps.

Une fois que vous avez reçu l’illustration quasiment achevée, vous pouvez encore demander à l’illustrateur de modifier de petites choses. On est sur la finition. Vous avez besoin d’un changement dans la palette de couleurs ? Vous n’aimez peut-être pas la façon dont la lumière frappe le visage du protagoniste, ou il n’y a pas assez d’espace pour le titre que vous vouliez utiliser.

En règle générale, je dirais que vous pouvez demander à l’illustrateur deux changements à cette étape, et pas plus. C’est un défi que vous devez relever : savoir vraiment ce que vous voulez et aider votre illustrateur à y parvenir le plus directement possible. Ça en vaut la peine, car (1) vous obtiendrez ce que vous voulez plus rapidement et (2) il sera probablement plus enclin à vouloir travailler avec vous à l’avenir.

Voici le principe qui me guide quand je travaille sur une illustration : quelle émotion est-ce que je souhaite susciter, et est-ce que cette image y parvient ?

4. Rémunérez correctement votre illustrateur

Vous savez ce qui encourage également les illustrateurs à travailler de nouveau avec vous ? Une bonne rémunération.

Si vous traitez votre illustrateur avec dignité et respect, si vous le rémunérez correctement et que vous ne vous plaignez pas du fait que vous payez pour une illustration, vous marquerez des points.

Les prix d’un illustrateur peuvent varier considérablement en fonction d’un certain nombre de facteurs, comme l’avancement de sa carrière, la demande pour son travail, ses conditions de travail et de vie, et le type de relation que vous avez déjà avec lui. Même le type de projet pour lequel vous faites appel à lui peut avoir un effet.

Vous obtiendrez une illustration à la hauteur de la rémunération que vous voudrez bien offrir, mais en même temps, vous devez obtenir ce qui vous rendra heureux. Si vous êtes fier de votre couverture, vous serez plus enclin à partager votre livre. Ne laissez donc personne (ni moi) vous dicter ce qui est assez bon.

Si ça vous plaît, foncez.

5. Donnez à votre illustrateur la reconnaissance qu’il mérite

Pour Ceux qui s’aiment et Le Jardin secret de Marie, j’ai également engagé une graphiste, Towani. J’étais d’abord passée par les services d’une plateforme d’autoédition, mais je n’avais pas aimé le résultat.

Towani a rendu l’aspect des deux livres plus professionnel. Elle savait ce qu’elle faisait, et je ne me passe plus de ses services.

Ça m’amène au dernier point, qui est de rendre à César ce qui appartient à César. Sur la page Autrice de mon site, j’ai une rubrique consacrée aux personnes avec qui je travaille.

J’ai un compte Instagram (@coralieraphael_) sur lequel vous pouvez voir toutes les illustrations réalisées par Metanyu pour Le Jardin secret de Marie. Elle est à chaque fois taguée pour que ceux qui apprécient son travail puissent aller voir son compte Instagram également.

Si l’art est un investissement à vos yeux, de solides relations et le succès de votre illustrateur sont des investissements dans votre avenir. Il n’y a aucune garantie que vous soyez apprécié par votre illustrateur, mais si vous faites de votre mieux pour travailler avec lui et si vous avez à cœur de partager son travail, si un jour il devient un artiste de renom, il est tout à fait possible qu’il ne modifie pas ses prix en guise de gratitude pour le respect et la fidélité que vous lui avez témoignés tout au long de votre relation.

Et n’est-ce pas un bel objectif ? Dessiner une relation au fil des illustrations ? Personnellement, je pense que oui.

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Coralie Raphael
Je parle beaucoup d'auto-édition et essaie d'aider les auteurs à comprendre dans quoi ils mettent les pieds. Parfois j'écris aussi des livres. En savoir plus.
Publications: 179

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