Auteurs : grand pouvoir, grandes responsabilités

Auteurs : grand pouvoir, grandes responsabilités

On le répète souvent ces derniers temps, les auteurs indépendants ont plus de pouvoir et de contrôle que jamais quand il s’agit de décider comment et quand publier.

La technologie permet aux auteurs indépendants d’être à la fois créateurs, éditeurs et distributeurs sans avoir besoin de la permission ou l’approbation de qui que ce soit.

Mais…

Il y a quelque chose que j’ai appris ces dernières années. Ce n’est rien de nouveau, Aristote l’expliquait dans l’Éthique à Nicomaque : il faut chercher le juste milieu entre deux extrêmes pour trouver la vertu.

Le risque avec cette émancipation, c’est que les auteurs indépendants se mettent à penser qu’un éditeur n’a rien à leur apporter. Ou que l’aide venant d’un professionnel n’aurait que peu ou pas du tout d’impact sur la qualité de leur travail ou sur le futur de leur carrière.

Je ne suis pas d’accord. Mais ce n’est que mon avis et je vous en donne les raisons.

1. Vous n’avez personne pour vous tirer vers le haut.

Il y a peu, j’étais encore persuadée du contraire. Mais travailler avec un professionnel vous permet de relever des défis. Ça met la barre plus haut. Vous aurez sûrement quelques doutes sur la qualité de votre travail. Et c’est bien ainsi. Les professionnels, en général, comprennent et développent vos forces. Ils minimisent l’apparition de vos faiblesses.

Je pense que nous avons tous besoin d’une personne de confiance pour nous pousser dans le dos. Pour nous dire quand quelque chose ne va pas. Beaucoup de gens n’ont pas cette capacité de prendre du recul sur leur travail pour voir objectivement qui est réussi et ce qui ne l’est pas. Et l’auteur qui en est capable, ne l’est qu’après des années d’expérience et de connaissance de soi.

Donc oui, mon argument c’est : pour développer au maximum votre potentiel, vous avez besoin de quelqu’un qui vous sorte de votre zone de confort.

2. Pour sortir du lot et vous faire entendre au milieu du bruit, votre travail doit avoir une qualité la plus professionnelle possible.

Et là, vous allez me rétorquer : « Les maisons d’éditions offrent aussi du travail de mauvaise qualité. »

Mais on se moque bien de ce que font les maisons d’éditions. C’est de vous qu’il s’agit ici. Et ce n’est pas parce que certaines maisons d’édition font n’importe quoi que vous devez vous aussi faire n’importe quoi. Ce n’est vraiment pas une bonne raison.

Parfois, quand on débute, on veut vite publier son livre. Alors on fait appel aux premiers services qu’on trouve. Et ils ne sont pas toujours de bonne qualité. J’en ai fait l’expérience.

Un travail qui a une touche professionnelle se voit.

Vous pensez que les lecteurs ne le voient pas ? Je ne suis pas d’accord. Il y a toujours des indices même subtils dans chaque produit et service que nous achetons, de tous petits signes qui indiquent la qualité. Les gens ne sont peut-être pas capables de les nommer ou de les montrer mais ils les sentent instinctivement.

Le désavantage pour les auteurs indépendants c’est le manque de connaissance de ce qu’est la qualité professionnelle et de ce à quoi ça ressemble. Les auteurs traditionnels qui se lancent en indépendants n’ont pas ce problème. Ils connaissent les coulisses : ils connaissent les améliorations que peuvent apporter un professionnel. Mais les auteurs qui n’ont pas été en contact avec cette touche professionnelle peuvent ne pas savoir et c’est pourquoi l’implication d’un professionnel, que ce soit dans l’édition, la production ou la promotion, est nécessaire.

Je reconnais volontiers qu’il est difficile de savoir qui engager ou avec qui travailler mais ce n’est pas le sujet que je voulais aborder aujourd’hui.

3. Tout le monde ne souhaite pas (ou n’a pas le temps de) s’immerger dans les réseaux sociaux, la production et la technologie.

Il y a des auteurs qui ne trouve pas d’intérêt (ou la patience) à faire les choses eux-mêmes. Ils préfèrent trouver un partenaire ou une assistance professionnelle.

Vous savez peut-être tondre votre pelouse mais ça ne veut pas dire que vous avez envie de le faire et ce n’est pas illogique d’engager quelqu’un pour le faire à votre place si vous en avez les moyens.

Il ne suffit pas de posséder des outils pour devenir un expert en quelque chose. Mon conjoint a suffisamment de bois dans notre sous-sol pour construire du mobilier. Il a déjà construit un ou deux meubles qui sont suffisamment beaux pour nous et qui ne valaient pas la peine d’engager quelqu’un mais qui n’ont pas pour autant la qualité d’un meuble à vendre.

Le mot de la fin

Ne vous méprenez pas. Je crois vraiment au pouvoir et à l’indépendance des auteurs. Nous n’avons pas tous besoin d’un d’éditeur.

Mais certains auteurs peuvent tirer un grand bénéfice d’un bon partenariat ou d’une assistance professionnelle, et ce, de différentes façons et à différents moments de leurs carrières.

Si vous suivez une semaine de cours pour apprendre à devenir un bon blogueur, vous apprendrez en une semaine ce que vous auriez peut-être compris seul en un an. Est-ce que ça en vaut l’investissement ? Peut-être. Ça dépend de vos objectifs.

Il y a des choses que vous pouvez comprendre seul. Il y a d’autres choses que vous aurez peut-être envie d’apprendre d’un professionnel expérimenté. Et enfin, il y aura toujours quelque chose pour laquelle vous ne serez jamais doué et pour laquelle vous chercherez de l’aide.

Le succès d’une carrière repose en partie sur la compréhension de ces différences selon vos capacités, votre temps et vos ressources.

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