Éviter d’être trompé par de mauvais conseils d’écriture

Éviter d’être trompé par de mauvais conseils d’écriture

Dans les discussions et conseils sur Twitter, une chose revient régulièrement. C’est le soit ceci / soit cela, bref le faux dilemme. Il y a faux dilemme quand on divise le monde en noir et blanc et qu’on ne permet aucune autre option.

Nous, les humains, avons une sacré prédilection pour cette façon de penser. Nous contre eux. Le nouveau contre l’ancien. Le papier contre le numérique. Jeu à somme nulle.

Quand je prépare mes articles, je tombe dans ce piège moi aussi. Par exemple, je vais séparer les auteurs qui sont hostiles au marketing de ceux qui l’adoptent.

Je l’ai encore fait tout récemment. J’ai griffonné sur une note : Il y a deux catégories d’auteurs !

Catégorie 1 : pour ces auteurs, il n’y a que l’œuvre qui compte. Écriture. Lecture. Art et technique. L’histoire est capitale. L’écriture parle d’elle-même. Pas le travail de l’auteur de s’occuper du marketing. N’est pas bon à ça. Juste à écrire.

Catégorie 2 : ces auteurs se lancent dans le marketing et la promotion avant même que le roman soit assez bon pour être publié. Ils sont concentrés sur leur notoriété naissante peut-être parce qu’on leur a dit que c’est ce qu’il fallait faire. Ils courent après les lecteurs sûrement parce qu’on leur a rabâché qu’il fallait penser à la communauté et aux relations.

Pourquoi j’ai catégorisé ainsi ? Parce ce que ce genre de guéguerre a beaucoup de visibilité et que les gens prennent parti, notamment sur Twitter. Le conflit attire l’attention.

Mais la vérité c’est que nous nous trouvons tous sur un spectre. La plupart des auteurs équilibrent les deux côtés ou passent de l’un à l’autre quand ils sentent que c’est nécessaire à leur progression.

Mais nous aimons tous étiqueter, catégoriser comme s’il n’y avait que des extrêmes et ce, même si ce n’est ni pertinent ni comment nous fonctionnons.

Faire appel aux extrêmes est d’une aide exceptionnelle pour attirer les lecteurs. Pour écrire un superbe article de blog ou développer avec succès sa présence en ligne, il faut souvent savoir comment attirer l’attention ou savoir bien s’exprimer sans paraître pédant. Parler d’une zone grise en analysant toute sa complexité n’est pas connu pour être une bonne façon de générer du trafic. Alors que l’audace*…

J’attirerai mieux votre attention si je dis : Vous échouerez immédiatement si vous faites ceci ! Mais je vous endormirai en disant : Certains d’entre vous pourrait éventuellement se louper si vous ne prenez pas en compte cela.

Quand vous lisez des conseils d’écriture (que ce soit sur un blog, dans un livre ou n’importe quel autre média), gardez cette dynamique en tête. Les gens qui évoquent les contingences, qui prennent en compte les différences sont ceux à qui il est bon de prêter attention.

Les conseils tout blancs ou tout noirs ? Prenez-les avec des pincettes.

* Notez que je me suis laissée aller à un autre faux dilemme ici. Bien sûr, il y a des blogueurs populaires et des personnalités qui se sont fait un nom en étant raisonnables et rationnels (et qui discutent des zones grises) ! Mais ce n’est pas le style prédominant ni le mode opératoire le plus fréquemment rencontré. Je sais aussi que peu d’entre nous tombent dans le piège des positions extrêmes car oui, nous sommes capables de flairer le sensationnalisme. Mais ça reste très facile de concentrer son attention sur les controverses.

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