Stephen King a toujours peur de l’échec. Et vous ?

Je suis récemment tombée sur cette interview de Stephen King (en anglais) dans un vieux numéro (novembre 2014) du magazine Rolling Stone. Il y est question d’une myriade de sujets très intéressants pour tous ceux qui écrivent : ses journées de travail, son héritage littéraire mais aussi comment l’alcool et la drogue ont affecté son écriture par le passé.

Mais c’est un passage en particulier qui m’a plu. Il pourrait peut-être changer votre façon de penser, à vous aussi.

Le journaliste demande à Stephen King : « Avez-vous toujours peur de l’échec après toutes ces années de succès ? » Stephen King répond :

Sure. I’m afraid of all kinds of things. I’m afraid of failing at whatever story I’m writing—that it won’t come up for me, or that I won’t be able to finish it.

Ça fait quatre décennies qu’il écrit, il a vendu plus de 350 millions de livres (fiction et non-fiction) mais il a toujours peur.

En lisant ça, vous allez peut-être penser que c’est sans espoir pour nous, que nous allons vivre dans le doute pour le restant de notre carrière.

Je ne sais pas vous mais moi, ces 33 mots m’ont libérée.

Apprendre d’un grand auteur

Stephen King admet ouvertement qu’il doute. Il s’inquiète que son imagination lui fasse défaut ou pire qu’il ne trouve pas la fin parfaite à ses yeux ou à ceux de ses lecteurs.

Un peu comme nous tous, non ?

Évidemment, la majorité d’entre nous ne sera jamais aussi prolifique que l’auteur de Carrie. Nous n’écrirons probablement jamais de livre à la fois essai et autobiographie qui deviendra un classique comme Écriture : Mémoires d’un métier.

Mais ça devrait quand même nous donner de l’espoir.

Ce que Stephen King nous apprend

Trois choses à retenir des commentaires de l’auteur sur la peur :

1. La peur fait partie du processus artistique.

La peur, ce n’est pas quelque chose qu’on quitte pour aller de l’avant comme on quitte le lycée après avoir eu son bac. C’est une ombre qui rôde toujours derrière nous. C’est un horrible ennemi qu’on doit pourfendre encore et encore.

2. Identifiez votre peur pour la vaincre.

Examinez votre peur pour y trouver la sagesse. Par exemple :

  • Êtes-vous tourmenté par le doute comme Stephen King ? Si oui, à quel moment de l’écriture ? Au début, au milieu, à la fin, tout le temps ? Si c’est le cas, ignorez-la et continuez d’écrire.
  • Le perfectionnisme vous pose-t-il problème ? Jetez-vous une grande quantité de brouillons à la poubelle parce qu’ils ne sont pas assez bons ? Passez-vous deux heures à écrire une phrase ? Viser l’excellence est admirable alors que le perfectionnisme est néfaste.
  • Êtes-vous un procrastinateur ? Passez-vous votre temps à dire aux gens que vous faites des recherches pour votre prochain livre alors qu’en fait vous êtes trop effrayé pour commencer ?
3. N’offrez plus de résistance face à la peur.

Maintenant que vous savez que la peur fait partie du processus artistique, cessez de la combattre. Écoutez-vous et utilisez la peur à votre avantage.

Ne vous méprenez pas : même si vous avez bien compris que la peur fait partie de l’écriture, vous ne cesserez pas d’avoir peur. Sauf que maintenant, vous saurez quoi faire.

Asseyez-vous et écrivez.

N’essayez pas de rassembler votre courage avant d’écrire. Commencez par écrire pour faire disparaître la peur. Jusqu’à ce qu’elle revienne. Et rebelote.

Le cycle se répète indéfiniment.

Pourquoi on se torture comme ça ?

Pour répondre, on retourne à l’article de Rolling Stone. Le journaliste évoque la retraite et demande à Stephen King s’il se voit toujours écrire après 80 ans.

La réponse de l’auteur est belle.

It (l’écriture) fulfills me. There are two things about it I like: It makes me happy, and it makes other people happy.

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