Trouver, engager et travailler avec un éditeur

Qu’est-ce qu’un éditeur ? En quoi consiste son métier ? Comment en trouver un ? Comment en engager un ?

Ce sont de bonnes questions à se poser. Comme pour l’édition du livre lui-même, la compréhension du travail éditorial se fait presque exclusivement dans le cadre d’interactions privées entre l’auteur et l’éditeur. Les détails sont rarement transférables d’un auteur ou d’un projet à l’autre. Que doit faire l’auteur ?

Si vous vous lancez dans la recherche de leur premier, prochain ou meilleur éditeur, cet article peut être utile.

Éditer, c’est…

Voici quatre phrases :

  • « Je travaille avec un éditeur pour faire de ma conférence un livre. »
  • « L’éditeur a dit que je devrais supprimer tout le chapitre 4. »
  • « Mon éditeur a corrigé toutes mes fautes de frappe. »
  • « L’éditeur a fait une dernière lecture hier. »

L’éditeur fait quelque chose de différent dans chacun de ces exemples. On emploie le mot « éditeur » pour désigner toute personne impliquée dans la préparation de textes destinés à être publiés. Mais on ne réalise pas forcément que le terme « éditer » désigne en fait plusieurs tâches. Pour les auteurs publiés en maison d’édition et les auteurs indépendants, le processus éditorial ressemble à ceci :

Développement ➝ Travail de fond ➝ Travail ligne à ligne ➝ Correction ortho-typographique

En pratique, ça signifie pour l’auteur que vous devez connaître le jargon utilisé par les éditeurs pour décrire leur travail. Chercher « un éditeur » pour « éditer votre livre » ne vous mènera pas très loin, car ça peut désigner différentes choses selon votre interlocuteur.

Et en quoi consiste chaque étape du travail éditorial ?

Les quatre étapes du travail éditorial

1. Développement

« Mets-le sur papier, et on verra quoi en faire. » —Max Perkins

Au début du vingtième siècle, Max Perkins est le premier éditeur américain à faire plus que corriger les fautes de frappe et les détails mineurs dans le manuscrit d’un auteur. Avant lui, son employeur avait même une politique contre le chipotage excessif : « Je ne suis pas suffisant au point de penser que l’éditeur peut beaucoup apporter en proposant des modifications », écrivait le rédacteur en chef de Scribners, William C. Brownwell, peu avant que Perkins ne se présente au bureau de Manhattan et ne lui prouve le contraire.

L’édition pendant le développement, c’est un partenariat soutenu et collaboratif entre l’auteur et l’éditeur, au cours duquel une idée ou un manuscrit incomplet est transformé en un livre complet et cohérent. La propriété intellectuelle et le produit final appartiennent toujours et en dernier ressort à l’auteur, mais l’éditeur est présent dans le travail d’écriture dès le début (ou presque) pour guider l’auteur à travers les principes, les bonnes pratiques et l’application pratique de l’écriture d’un livre dans une catégorie/un genre choisi, et pour aider à maintenir l’élan et la motivation de l’auteur jusqu’à la ligne d’arrivée.

Pendant le développement, l’éditeur aide à répondre aux grandes questions : De quoi parle ce livre ? À qui s’adresse-t-il ? Pourquoi suis-je la bonne personne pour l’écrire ? Quelle est la meilleure façon de structurer mon argumentation ? Que dois-je m’assurer d’inclure ? Qu’est-ce qu’il faut laisser de côté ? Si vous ne connaissez pas les réponses à ces questions, ou si vous pensez qu’il n’est pas nécessaire d’y répondre, vous avez besoin d’un éditeur.

Max Perkins est connu pour son expérience exemplaire avec l’auteur Thomas Wolfe. Quand ce dernier lui a soumis un manuscrit de 330 000 mots en 1928, Perkins ne l’a pas rejeté d’emblée (comme l’avaient fait au moins trois autres éditeurs avant lui). Il l’a lu en entier et a reconnu le génie de Thomas Wolfe. Puis il a travaillé en étroite collaboration avec lui pendant l’année suivante pour réduire le manuscrit de près d’un tiers de sa taille. Quand il a été publié en 1929, Look Homeward, Angel a immédiatement transformé Thomas Wolfe en un auteur de renommée nationale et a assuré sa place dans le canon littéraire. L’investissement de Max Perkins dans l’édition de ce livre était énorme, mais quel résultat pour douze mois de travail.

L’édition pendant le développement d’une histoire est une pratique qui s’est perdue. Il est peu probable que vous trouviez un partenaire dans une maison d’édition traditionnelle qui travaille avec vous de manière aussi collaborative que celle décrite ci-dessus. Mais c’est une relation qui peut être nouée avec un éditeur indépendant. Et je pense que ça peut avoir du bon pour la carrière d’un auteur, ses livres et ses lecteurs.

2. Travail de fond

« SUPPRIME BEURK » —Mitchell Ivers

Si vous avez rédigé un premier jet qui tient la route, l’étape suivante consiste à faire appel à un éditeur pour revoir votre travail dans son ensemble. Pour le travail de fond, l’éditeur a besoin de voir la meilleure version de votre manuscrit achevé. Il veut vous entendre dire que vous avez fait absolument tout ce que vous pouviez faire par vous-même et que vous ne voyez aucune autre façon d’améliorer votre manuscrit avant de le lui envoyer. Pas parce que c’est un flemmard qui en veut en faire le moins possible. Mais parce que c’est à la qualité de votre manuscrit qu’il mesurera votre sérieux.

Il examinera votre projet complet d’un point de vue global, avec le recul qui vous manque. Comme à l’étape du développement, il se concentrera sur les aspects généraux tels que le genre, le thème, le personnage/point de vue, la structure, le rythme et la profondeur de vos recherches. La différence, c’est qu’ici, l’éditeur a votre travail complet sous les yeux. Il fait des suggestions en ayant une idée plus concrète de la manière dont chacune d’entre elles affectera le reste du livre. Vous avez l’impression qu’il vous faut repartir de zéro sur un projet auquel vous avez déjà consacré des mois ou des années ? Oui, c’est vrai dans de nombreux cas. Mais votre livre n’en sera que meilleur.

Savoir si vous avez besoin d’un éditeur lors du développement ou pour le travail de fond dépend de votre façon de travailler. Si vous souhaitez obtenir un retour d’information, des corrections et des encouragements pendant que vous écrivez, faites appel à un éditeur au moment du développement. Si vous souhaitez tracer votre propre voie et qu’on vous montre ensuite où et comment vous améliorer, engagez un éditeur une fois le manuscrit achevé, pour le travail de fond.

Des auteurs préfèrent être accompagné des le développement parce qu’ils craignent de prendre une mauvaise direction et de devoir reprendre le travail plusieurs chapitres en arrière. Ils veulent prendre des décisions efficaces sur ce qu’ils écrivent, et ont besoin de quelqu’un qui leur serve de boussole. D’autres auteurs préfèrent attendre d’en être au travail de fond. Ils veulent garder la casquette d’auteur le plus longtemps possible avant de basculer dans l’édition. Les deux approches fonctionnent.

D’un point de vue logistique, le travail de fond est moins collaboratif que lors du développement. Vous confiez votre manuscrit à l’éditeur. Il s’y plonge pendant une période pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines (ou mois selon son planning). Pendant ce temps, vous n’aurez pas forcément de nouvelles régulières sur l’avancement de son travail. Pour vous, c’est l’occasion de prendre une pause bien méritée.

Pour faciliter le travail, l’éditeur peut accompagner ses annotations dans le manuscrit d’un document de plusieurs pages qui explique et donne le contexte de ce que vous trouverez dans le manuscrit. Ensuite, c’est à vous de mettre en œuvre toutes les suggestions et de renvoyer votre révision pour un nouveau tour. Répétez l’opération deux ou trois fois, avec des détails de plus en plus précis à chaque fois. Vous aurez ainsi une expérience complète du travail de fond.

3. Travail ligne à ligne

« Il y a une phase dans la vie de chaque éditrice où elle est obsédée par les traits d’union. » —Mary Norris

Au moment du travail ligne à ligne, l’éditeur se concentre sur les détails de votre manuscrit, tels que le choix des mots, la syntaxe, l’exactitude des faits, les répétitions, les incohérences, la grammaire, le style, l’orthographe et les répétitions. Il n’est plus question ici de régler les problèmes de fond comme la structure, le rythme, le thème ou l’intrigue.

Recevoir une révision ligne à ligne d’un texte peut être une belle leçon d’humilité, et c’est nécessaire. Une langue, c’est vivant, et les normes sont importantes. Après tout, la grammaire coûte des millions d’euros aux entreprises et a tué une des filles de Donald Trump. Si vous voulez mon avis, le travail ligne à ligne n’est pas quelque chose à laisser aux correcteurs orthographiques ou aux logiciels basés sur des algorithmes.

4. Correction ortho-typographique

« Je me suis relue juste après avoir cliqué sur envoyer. » —Autrice anonyme

La correction ortho-typographique est la dernière étape avant que votre livre soit disponible au monde entier. Ici, ça peut être judicieux d’avoir un autre éditeur que celui des étapes précédentes car on a besoin d’une nouvelle paire d’yeux capables de voir les fautes de frappe. Cet éditeur est le dernier à approuver le texte avant qu’il ne soit imprimé et distribué pour que le monde entier puisse le lire. Il s’assurera que rien n’a été oublié. Il corrigera également toute erreur persistante, ainsi que les coupures de mots, de lignes, de paragraphes ou de pages, afin que, par exemple, le chapitre 2 ne commence pas à la dernière ligne d’une page.

Questions courantes et idées reçues

Mais est-ce qu’il n’y a pas d’autres formes d’édition ?

Bien sûr que si. Parmi les autres termes d’édition que vous avez peut-être rencontrés, citons :

  • l’aspect sensitivity tout droit venu des États-Unis (pour les préjugés, l’inclusivité, etc.),
  • l’édition technique (pour l’exactitude technique dans les manuels d’instruction et autres documents de ce type),
  • la critique de manuscrit (un avis global de votre livre sans plus d’échanges)
  • et la vérification des faits (souvent couplée, mais qui constitue en fait une tâche distincte).
Je croyais que l’étape X c’était la même chose que l’étape Y.

Il n’y a pas d’autorité mondiale qui dicte comment les éditeurs doivent nommer le travail qu’ils font. Ironiquement, pour un secteur qui se concentre sur les mots, la sémantique n’a pas beaucoup d’importance. Ce qu’on recherche avant tout, c’est un éditeur qui comprend les distinctions entre les quatre étapes décrites ci-dessus et qui peut, avec ses propres mots, vous expliquer ce qu’il fait, quels services il propose et ce qu’il faut faire avant et/ou après son travail pour garantir un processus d’édition complet.

Est-ce que je dois vraiment engager plusieurs éditeurs pour mon livre ? Je n’ai ni le temps ni l’argent pour ça !

Non. Travailler avec plusieurs éditeurs ne signifie pas nécessairement que vous aurez un meilleur livre à l’arrivée. Trouvez un éditeur en qui vous avez confiance, et faites-lui confiance jusqu’au bout. Un bon éditeur vaut mieux que plusieurs voix, surtout si elles sont discordantes.

Toutefois, je recommande de montrer votre manuscrit à deux professionnels avant sa publication.

Je n’ai pas besoin d’un éditeur parce que je suis bon en orthographe et en grammaire.

Corriger les fautes d’orthographe et de grammaire fait partie du travail d’édition. Mais l’édition, on l’a vu, ce n’est pas juste corriger des fautes. Et puis personne ne devrait être le seul éditeur de son livre. Au bout d’un certain temps, on ne voit tout simplement plus nos erreurs et faux pas. Notre cerveau complète ce qui manque, et nos yeux lisent des mots plutôt que des lettres. Après avoir passé trop de temps face au texte qu’on a écrit, on perd tous la capacité de savoir si on a atteint nos objectifs. Mais, plus important encore, l’art ne se crée pas seul, ni pour les auteurs, ni pour personne.

Est-ce que j’ai quand même besoin d’un éditeur si j’ai déjà un coach en écriture ? Ou si j’ai participé à un cours d’écriture en ligne ?

À l’étape du développement, l’éditeur est un coach en écriture, mais un coach en écriture est rarement un éditeur. Selon les services qu’il propose, un coach en écriture peut lire votre travail, vous donner son avis et vous proposer des idées quand vous êtes bloqué. Mais il ne va pas retrousser ses manches et se plonger dans votre manuscrit comme le fait un éditeur. Choisissez le professionnel qui correspond le mieux à ce que vous souhaitez et à ce dont vous avez besoin pour votre livre.

Les cours d’écriture en ligne ne comportent généralement pas de chapitre sur l’édition. Vous aurez peut-être un aperçu de la manière de travailler, mais pas d’exemple concret d’édition. Les cours d’écriture en ligne ne sont pas un complément nécessaire ou un substitut aux services d’un éditeur.

Je ne sais pas si mon travail est prêt pour être montré à un éditeur. Ne dois-je pas être un auteur professionnel pour faire appel à un éditeur ?

Tant que vous êtes prêt à faire cet effort financier, c’est quand vous vous posez cette question que vous êtes prêt à faire appel à un éditeur. L’éditeur ne s’attend pas à ce que l’auteur soit un écrivain chevronné avant de l’engager. Surtout en non-fiction, les auteurs sont plus souvent des experts dans leur domaine et certainement pas des écrivains. Mais tous les auteurs ont besoin d’un éditeur, du débutant à Leila Slimani. Vous êtes prêt à faire appel à un éditeur si le livre que vous avez écrit est important pour vous et si vous êtes prêt à admettre que vous ne pouvez pas tout faire vous-même.

Et si mon éditeur étouffe mon rêve / mon idée / ma voix / ma singularité ?

À part quelques exceptions dont vous avez pu entendre parler ou que vous avez peut-être vécues, en général, les auteurs et les éditeurs apprécient et respectent le travail de chacun. Vous êtes du même côté, vous travaillez dans le même but. L’éditeur veut vous aider à paraître professionnel. Un éditeur qui veut déformer votre livre pour raconter son histoire ou changer votre vision du projet n’est pas le bon éditeur pour vous. Cherchez-en un autre.

Parfois, quand les auteurs posent cette question, ce qu’ils veulent dire, c’est : « Et si je n’aime pas les suggestions de mon éditeur ? ». Notez d’abord que si vous avez choisi votre éditeur en suivant les trois points décrits ci-dessous, vous éviterez très probablement ce scénario.

Mais si vous en arrivez là, la première chose à faire est d’avoir une conversation avec votre éditeur. Il ne va pas s’accrocher à tout prix à ses suggestions et il peut vous en expliquer le « pourquoi ». Si le « pourquoi » ne vous convient pas, demandez-vous si vous ne faites pas de la résistance. Tous les auteurs s’attachent à la façon dont ils ont écrit les choses. Ça peut être difficile de s’en défaire. Mais si vous êtes à peu près certain que votre vision du livre et les suggestions de votre éditeur ne concordent pas, dites-le simplement. C’est votre livre. Un bon éditeur peut travailler avec les priorités que vous avez identifiées. S’il ne le peut pas, il vous dira pourquoi et vous laissera le dernier mot.

Je n’ai pas besoin d’un éditeur parce que j’ai des bêta-lecteurs.

Les bêta-lecteurs peuvent être formidables. Vos amis et votre famille vous connaissent bien, et ils peuvent certainement apporter une valeur ajoutée à votre expérience d’écriture. N’hésitez pas à partager votre travail en cours avec des personnes de confiance, ou même à soumettre votre projet à un atelier d’évaluation entre pairs. Mais faites-le avant d’engager un éditeur. Et ne confondez pas les commentaires des bêta-lecteurs avec une analyse éditoriale.

Quand on demande à nos amis, à notre famille et même à d’autres auteurs d’être nos bêta-lecteurs, on peut obtenir des avis inestimables. Mais aussi beaucoup de conseils contradictoires basés sur l’opinion personnelle, les antécédents individuels, le bagage passé et les préférences de lecture. Sans la formation nécessaire pour séparer ce qu’ils aiment de ce qui fonctionne réellement, les bêta-lecteurs n’ont tout simplement pas les outils nécessaires pour éditer un livre de manière exhaustive. Et il serait injuste d’attendre d’eux le contraire.

N’hésitez donc pas à intégrer des bêta-lecteurs dans votre travail éditorial si vous le souhaitez. Mais gardez à l’esprit ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire. Je vous recommande de ne sélectionner que quelques personnes qui représentent vos lecteurs cibles et/ou qui ont une expertise dans un sujet abordé dans votre livre. Ensuite, au lieu de leur poser des questions générales telles que « As-tu aimé ? » ou « Que manque-t-il ? », demandez-leur quelque chose à laquelle ils sont qualifiés pour répondre avec autorité. Par exemple, si vous écrivez un roman dont l’action se déroule dans une petite ville australienne et que vous avez une cousine australienne, ne lui demandez pas ce qu’elle a pensé de l’histoire, mais plutôt si vous avez bien représenté la ville.

N’aurai-je pas un éditeur si je signe un contrat avec une maison d’édition ?

Les auteurs qui signent avec des maisons d’édition sont en effet associés à un éditeur interne ou indépendant choisi par la maison. Cela dit, lancez-vous dans cette aventure avec des attentes réalistes. Quelques informations bonnes à savoir :

  1. Travailler avec un éditeur indépendant sur votre manuscrit avant de le soumettre ne remplace pas le travail de l’éditeur de votre maison d’édition. Mais les suggestions que vous recevez d’un éditeur indépendant peuvent rendre votre livre plus attrayant pour les maisons d’édition.
  2. Une fois que votre livre est sous contrat, votre éditeur peut être prêt (ou pas) à beaucoup travailler sur votre manuscrit. Les éditeurs sont des professionnels dévoués et attentifs. Mais ils sont également débordés et seront plus enclins à se battre pour votre livre s’il est déjà bon et ne nécessite pas d’intervention majeure de leur part. Il y a des exceptions. Mais si vous voulez à tout prix que votre livre passe par un processus d’édition, tapez à la porte d’un éditeur indépendant.
  3. Les maisons d’édition confient parfois (de plus en plus ?) l’édition de leurs manuscrits à des éditeurs indépendants. Et ces éditeurs travaillent aussi avec les particuliers. Plus d’informations ci-dessous sur où les trouver.

Pourquoi les auteurs ont besoin d’éditeurs

Réponse courte : parce que vos livres préférés sont tous passés entre les mains d’un éditeur.

Réponse plus longue : beaucoup d’auteurs espèrent que leur roman bénéficiera de l’attention et de l’expérience d’un éditeur. Les lecteurs, eux, sont habitués à ce que leurs livres répondent à certaines normes de lisibilité et d’exactitude. Un rapide coup d’œil aux critiques de n’importe quel titre vous dira qu’ils apprécient peu le non-respect de ces normes. Vous avez besoin d’un éditeur parce que vos lecteurs méritent le meilleur que vous puissiez leur donner.

Et travailler avec un éditeur fera de vous un meilleur auteur. Vous ne trouverez personne d’aussi dévoué que vous pour votre livre et formé pour repérer ce que vous devez faire pour le rendre meilleur. Un bon travail d’édition ne sert pas juste à repérer vos points faibles. Ça commence par vous montrer où ils se trouvent et comment les corriger, aussi bien dans ce livre que dans tout ce que vous écrirez à l’avenir. Vous sortirez de ce processus plus confiant et compétent, prêt à vous attaquer au prochain livre.

Comment trouver un éditeur

À force d’écrire et de publier vos livres, vous allez connaître les éditeurs spécialisés dans votre genre littéraire. Vous serez alors plus à l’aise pour les trouver et les sélectionner.

Mais que faire si vous débutez ? Et si vous ne savez pas avec qui vous souhaitez travailler ?

Voici quelques pistes :

  • Vous pouvez commencer par demander à d’autres auteurs s’ils ont des éditeurs à vous recommander. Mais n’oubliez pas que les éditeurs ont souvent des spécialités et des sensibilités. Ils aiment certains types de livres. Ça signifie que le super éditeur de votre ami qui a travaillé sur son dernier roman fantastique n’est pas forcément la meilleure personne pour relire vos mémoires.
  • Consultez la section Remerciements des livres du même genre littéraire que le vôtre. Un auteur heureux y remerciera son éditeur. Vous pourrez alors utiliser votre moteur de recherche favori pour le trouver et lui envoyer un message. Certains éditeurs travaillent exclusivement pour des maisons d’édition. Mais vous serez surpris (ou pas) de voir combien d’entre eux sont indépendants.
  • Contactez les personnes de votre réseau susceptibles de connaître un éditeur, comme les agents et les coach littéraires, les graphistes indépendants, etc. On ne sait jamais qui connaît qui.
  • Suivez les blogs, les podcasts et les plateformes tenus par des auteurs, des éditeurs et autres professionnels de l’édition que vous respectez. Prêtez attention à la façon dont ils parlent du travail d’édition et des éditeurs qu’ils connaissent et avec lesquels ils travaillent.

Comment choisir un éditeur

Avant de vous lancer dans une relation professionnelle avec un éditeur, vous devez avoir une idée précise de trois choses. Appelons-ça les axes de décision : compétences techniques, détails logistiques et personnalité.

1. Compétences techniques

L’éditeur avec lequel vous souhaitez travailler est-il qualifié ? Comme dans n’importe quel secteur, il y a des gens qui prétendent être des éditeurs compétents. Et beaucoup de livres et d’auteurs font les frais de leur incompétence. Voici quelques questions que vous pouvez poser pour vous assurer que votre éditeur est un expert dans l’art de tuer les chouchous :

Quelle formation/expérience possédez-vous ?

Un diplôme en littérature, en communication ou dans un domaine connexe n’est pas forcément nécessaire. Ce que vous attendez de votre éditeur, c’est qu’il ait une connaissance approfondie du fonctionnement de la langue française et de la façon dont les livres sont créés. L’édition n’est pas une profession où on se dit « ça semble bien, donc on va y aller comme ça ». Ou du moins pas entièrement. Il y a de l’intuition et du risque, bien sûr. Mais il y a aussi des règles claires et précises. Votre éditeur doit avoir appris à les connaître pour pouvoir au moins vous dire si votre livre part dans une drôle de direction.

Il peut avoir un master, avoir fait son apprentissage sous la direction d’un éditeur chevronné ou avoir fait ses classes dans une petite maison d’édition régionale. Quelle que soit la manière dont il s’est formé, votre éditeur doit avoir la maîtrise de l’art et la science de l’édition. Si ce n’est pas le cas, vous avez plutôt affaire à un bêta-lecteur.

N.B. : Être un auteur publié ne qualifie pas quelqu’un pour être un éditeur.

Quel est le travail à effectuer sur mon manuscrit ?

Envoyez votre manuscrit aux éditeurs que vous contactez pour qu’ils puissent évaluer votre travail comme il se doit. Un bon éditeur demandera à voir votre travail avant d’accepter de travailler avec vous. Encore une fois, ils doivent savoir quel genre d’auteur vous êtes pour savoir s’ils peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes.

Et oui, envoyer son manuscrit à un inconnu, c’est effrayant. Mais avec un bon éditeur, votre courage sera récompensé. Ils ne voleront pas votre idée, ne divulgueront pas vos secrets et ne trahiront pas votre confiance. Certains proposent peut-être des accords de confidentialité. Mais ils ne sont pas vraiment nécessaires dans un milieu ou règne la discrétion.

Avez-vous déjà travaillé sur des livres comme le mien ?

Les éditeurs sont d’abord des lecteurs. Chacun a ses goûts et ses spécialités, et ils préfèrent travailler sur des livres qu’ils aiment lire. Si votre éditeur a déjà travaillé sur des livres comme le vôtre, c’est bon signe. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, surtout si :

  1. votre éditeur peut identifier des similitudes même inattendues entre votre livre et ceux sur lesquels il a déjà travaillé, et
  2. le lectorat que vous ciblez n’est pas un habitué du genre littéraire ; l’éditeur, dans la même position que vos lecteurs, sera d’une grande aide.

Votre éditeur a pour mission de poser toutes les questions qui peuvent paraître stupides, mais qui sont nécessaires pour combler les lacunes avant de présenter votre livre aux lecteurs.

Avez-vous des recommandations/références ?

Elles seront probablement déjà sur le site de l’éditeur. Mais vous pouvez poser la question, juste pour voir quels sont les projets et les clients qui, selon eux, représentent le mieux ce qu’ils peuvent faire pour vous et votre livre.

Pouvez-vous me montrer votre façon de travailler ?

J’ai gardé cette question sur la fin car elle est délicate. Si vous faites appel à un éditeur uniquement pour du travail ligne à ligne et/ou une correction ortho-typographique et que vous souhaitez voir sa façon de travailler sur une ou deux pages de votre manuscrit, ne vous attendez pas à ce qu’il le fasse gratuitement. Notez aussi qu’à moins d’être vous-même un éditeur qualifié, il vous sera difficile d’évaluer son travail. Demander des recommandations et des références est un moyen bien plus efficace pour choisir son éditeur.

Si vous faites aussi appel à l’éditeur pour un travail de fond, demander à voir son travail sur une ou deux pages n’est pas pertinent, à mon avis. Pour un travail de fond, l’éditeur doit lire votre manuscrit en entier et/ou échanger longuement avec vous pour vous donner une idée de ce qu’il peut faire pour votre livre. Pourquoi ne pas plutôt lire les livres qu’ils ont édités avant le vôtre. Ces livres ont-ils un sens pour vous ? Vous les appréciez ? Avez-vous envie de continuer à les lire ? Si c’est le cas, c’est signe que l’éditeur a fait un super boulot.

Enfin, discutez avec votre futur éditeur. Apprenez à le connaître autour d’un café ou d’un appel vidéo. Envisagez de travailler avec lui sur un texte plus court, comme un article, pour voir comment il travaille et comment votre texte s’améliore grâce à cette collaboration. Reportez-vous au point 3 ci-dessous pour en savoir plus sur la manière d’établir une relation de confiance avec un rédacteur.

2. Détails logistiques

Chaque éditeur a sa façon de travailler. Les questions importantes à poser :

Comment travaillez-vous ?

Comment commence-t-il un projet ? Quelles sont les attentes des deux parties ? Comment se déroule chaque étape ? À quel moment le travail est-il fini ? Quel logiciel utilise-t-il ?

Comment communiquez-vous ?

Aurez-vous de ses nouvelles pendant qu’il travaille sur le manuscrit, ou seulement quand il aura terminé ? Préfère-t-il les mails, les SMS, les appels téléphoniques ou autre chose ? (Plus d’informations sur la communication au point n° 3 ci-dessous).

Quelles sont vos disponibilités ?

Les éditeurs ont en général un emploi du temps bien chargé. Ils ne pourront peut-être pas commencer à travailler sur votre manuscrit avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Organisez-vous en conséquence. Faites-leur savoir si vous êtes pressé, mais sachez qu’un bon travail d’édition prend du temps. La qualité prime sur la rapidité, dans la mesure du possible.

Quels sont vos tarifs ?

Un éditeur indépendant fixe ses tarifs en fonction de toutes sortes de paramètres, comme sa formation, son expérience, sa connaissance du sujet, le délai que vous lui donnez et les besoins du manuscrit. Pour un manuscrit complet d’environ 60 000 mots, vous pouvez vous attendre à un montant à trois chiffres pour le travail de fond, le travail ligne à ligne, et la correction ortho-typographique. Ça fait un total à quatre chiffres si vous choisissez de passer par les trois étapes. Comme pour tout, le résultat sera à la hauteur de ce que vous payerez.

3. Personnalité

D’après mon expérience, je pense que les éditeurs sont des gens pour qui le lien humain compte énormément. Ils veulent contribuer à l’amélioration de votre livre. Mais ils veulent surtout vous aider à établir un lien significatif avec vos lecteurs.

Les éditeurs emploieront différents moyens pour atteindre ces deux objectifs : certains seront abrupts et directs sur ce que vous devez enlever, ajouter et modifier, tandis que d’autres formuleront plutôt une question ou une suggestion. Certains changeront le texte pour vous montrer ce qu’ils demandent, tandis que d’autres attendront que vous fassiez vous-même le changement pour activer et renforcer vos muscles éditoriaux. Certains vous remettront leur travail comme un bouquet (ou une bombe) et vous diront de revenir quand vous aurez terminé, tandis que d’autres vous expliqueront chaque changement de virgule au téléphone. La plupart des éditeurs se situent quelque part au milieu de chaque tendance.

Donc pensez aux scénarios passés qui vous ont permis de donner le meilleur de vous-même. Quelles étaient les circonstances de ces réussites ? Comment vous êtes-vous comporté, et comment les personnes qui vous entouraient se sont-elles comportées ? D’une manière générale, aimez-vous qu’on vous dise exactement ce qu’il faut faire pour que tout aille bien, ou préférez-vous qu’on vous présente une énigme que vous pourrez résoudre à votre manière ? Aimez-vous/attendez-vous une communication régulière avec les collaborateurs d’un projet, ou aimez-vous faire des pauses de temps en temps ? Travaillez-vous mieux avec plus de liberté ou plus de contraintes ? Quand vous avez les réponses à ces questions, parlez-en avec votre éditeur. Puis poursuivez la conversation pour en savoir plus :

  • L’éditeur vous comprend-il, vous et votre livre ?
  • Dans quelles circonstances et quelle attitude donne-t-il le meilleur de lui-même ?
  • A-t-il déjà travaillé avec un auteur comme vous ? Comment ça s’est passé ?
  • Est-ce que vous vous comprenez quand vous discutez en face à face ? Et par écrit ?
  • Faites-vous confiance au savoir et aux idées de l’autre ?
  • Est-ce que vous avez du respect l’un pour l’autre ?
  • Pouvez-vous vous montrer vulnérable face à cet éditeur ?
  • Vous sentez-vous à l’aise pour relever les défis lancés par l’éditeur ? Et pour lui en lancer ?

On ne peut pas vraiment connaître les réponses à ces questions avant de se lancer dans le travail avec l’éditeur, alors attendez-vous à être surpris de temps en temps. Éditer son manuscrit, c’est difficile, c’est un acte de courage, et ça en vaut la peine.

Quand vous passez en revue les commentaires de votre éditeur, gardez à l’esprit qu’il ne vous veut que du bien. Il souhaite vraiment votre réussite et s’il vous demande de faire quelque chose, c’est parce qu’il sait que vous en êtes capable. N’oubliez pas qu’il croit en votre vision et en vous, peut-être plus que quiconque (vous y compris). Il sait combien ça peut être difficile de s’ouvrir à la critique. Soyez honnête avec lui sur qui vous êtes et ce dont vous avez besoin, le travail et votre livre n’en seront que meilleurs.

Un mot rapide sur les tests de personnalité en ligne, car je sais qu’ils sont populaires. Je ne vous recommande pas d’engager un éditeur en vous basant sur son score Myers-Briggs (ou autre). En revanche, réfléchissez dès le départ à la façon dont vous et votre éditeur pourriez gérer instinctivement les conversations délicates, les pressions internes et externes, les pertes de vue de l’objectif et les désaccords éditoriaux. Des outils tels que l’Ennéagramme et le test CliftonStrengths sont d’autres options pour apprendre à se connaître et à connaître les autres dans toute relation professionnelle.

Ce que votre éditeur peut et ne peut pas faire

Pour mettre toutes les chances de votre côté et pour vous aider à gérer vos attentes, gardez à l’esprit ce qui suit concernant ce que votre éditeur peut et ne peut pas faire pour vous.

Votre éditeur peut…

Vous dire ce qui ne va pas dans votre livre.

L’édition est un métier plein de mystères, certes, mais c’est aussi un secteur légitime, avec ses codes et ses pratiques. Un éditeur qualifié peut vous détailler précisément en quoi votre manuscrit respecte ces codes et ces pratiques d’écriture dans le genre ou la catégorie de votre choix, et en quoi il s’en écarte.

Un livre ne doit pas toujours suivre toutes les règles, mais un auteur doit les connaître pour pouvoir les enfreindre efficacement. Si vous ne connaissez pas les règles applicables à un livre de votre genre, assurez-vous que votre éditeur les connaisse afin qu’il puisse vous guider dans la prise de décision concernant les règles à suivre et celles à enfreindre. Ne pas suivre de règles du tout est un excellent moyen d’écrire un livre de mauvaise qualité.

Vous montrer comment arranger ce qui doit l’être.

Après avoir identifié les points à corriger, l’éditeur peut vous suggérer des corrections. À l’étape du travail de fond, l’éditeur peut vous proposer des idées pour vous aider, entre autres, à clarifier votre thème, à rationaliser votre structure, à renforcer vos personnages et à améliorer votre rythme.

Au moment du travail ligne à ligne et de la correction ortho-typographique, l’éditeur annote votre manuscrit ligne par ligne en posant des questions telles que : « Quand tu dis X, tu voulais pas dire Y plutôt ? » ou « J’ai changé l’orthographe de ce mot (version rectifiée de 1990) pour que ce soit cohérent dans tout le texte, OK ? » S’il s’agit d’une erreur évidente, il la corrige sans ajouter de commentaire.

Vous aider à exploiter le potentiel de votre livre.

Les éditeurs sont formés pour repérer les pépites d’or enfouies dans vos thèmes, chapitres, paragraphes et phrases. Si vous faites confiance à leur expertise, vous pouvez suivre leurs conseils car finalement, tout ce qu’ils veulent, c’est que vous et votre livre ayez l’air professionnels.

Vous aider à devenir un meilleur auteur.

L’éditeur sait pourquoi certains livres ont du succès et touchent les lecteurs, et pourquoi ce n’est pas le cas pour d’autres. Il peut vous aider à prendre des décisions sur la structure de l’intrigue ou d’une phrase qui vous aideront à devenir meilleur dans votre métier.

Votre éditeur ne peut pas…

Travailler à votre place.

Ce n’est pas à votre éditeur d’appliquer ses commentaires à votre livre. Pour deux raisons : la première, le travail de l’éditeur consiste à suggérer des améliorations, et c’est à vous de vous approprier ces suggestions. L’éditeur n’est pas qualifié pour modifier votre manuscrit. En fait, la seule personne qualifiée pour recevoir, interpréter et intégrer les commentaires, c’est l’auteur.

La deuxième raison, c’est que les commentaires de l’éditeur sont des suggestions, pas des directives. Même quand ils ressemblent à « fais ça à la place », les commentaires doivent être vus comme des opportunités de développement. Votre éditeur peut vous suggérer de faire quelque chose de précis pour résoudre un problème, mais le véritable message est que le problème souligné a besoin d’une solution. En lisant la solution suggérée par l’éditeur, vous pouvez en trouver une meilleure. Mettez-la en œuvre, puis recontactez votre éditeur. Il vous dira ce qu’il en pense.

Vous garantir n’importe quoi.

Travailler avec un éditeur (ou tout autre professionnel du milieu de l’édition) n’est pas un raccourci vers un livre parfait, un contrat d’édition, un best-seller ou une flopée de critiques 5 étoiles. Le résultat dépend de nombreux facteurs qui n’ont rien à voir avec le travail d’édition ou la qualité de l’écriture. Si un bon travail d’édition peut effectivement aider votre livre à atteindre un de ces résultats, aucun d’entre eux n’est l’objectif unique d’un éditeur et de son travail.

N’engagez pas et ne faites pas confiance à quiconque vous promet un best-seller ou vous fait des promesses marketing sensationnelles. Si les professionnels de l’édition peuvent effectivement détailler et expliquer les raisons du succès de livres déjà publiés, la vérité c’est que, même dans ce cas, ils enrobent des facteurs disparates tels que la chance et le timing d’un arc narratif. La stratégie ne peut pas faire l’objet d’une rétro-ingénierie fiable ou éthique. Ce serait malhonnête de dire le contraire.

Dernières réflexions

Il n’existe pas de définition unique du bon éditeur, mais voici quelques éléments à retenir qui, je l’espère, vous seront utiles.

Un bon éditeur :

Dit oui bien plus souvent qu’il ne dit non.

Il n’est pas là juste pour vous dire tout ce qui ne va pas dans votre livre, mais aussi pour mettre à profit sa formation et son expérience afin d’identifier ce que vous faites déjà très bien, pour que vous puissiez le faire davantage. Même si vous ne le pensez pas encore, vous écrivez d’une manière bien à vous, et il vous aidera à la développer.

Soyez attentif là où, dans votre manuscrit, votre éditeur souligne un excellent choix de votre part et/ou acquiesce quand vous décidez de ne pas mettre en œuvre l’une de ses suggestions. Ces moments d’enthousiasme et de compromis sont là pour deux raisons : vous encourager dans votre travail et montrer que votre éditeur reconnaît et respecte votre talent. Il veut que le travail d’édition soit pour vous une occasion de grandir, intéressante et encourageante, et non une attaque démoralisante. L’éditeur veut vous voir terminer ce livre et en écrire un autre. Il dira oui à vos choix et à vos idées aussi souvent que possible. Et ainsi, quand il dira non, vous serez attentif.

Dit non bien plus souvent qu’il ne dit oui.

Les bons éditeurs reçoivent beaucoup de demandes, et ils peuvent en refuser. Ça n’a rien à voir avec vous ou votre travail : ils sont simplement spécialisés dans certains types de livres et qualifiés pour les éditer. Votre livre ne conviendra pas à tous les lecteurs, et il ne conviendra pas non plus à tous les éditeurs. Continuez à chercher jusqu’à ce que vous en trouviez un qui soit enthousiaste et qualifié pour travailler sur votre projet.

N’a pas réponse à tout.

Qui veut travailler avec quelqu’un qui croit tout savoir ? L’édition est un secteur changeant, et malgré tous les efforts des auteurs, des éditeurs et des maisons d’édition, personne ne sait vraiment ce qui va se passer avant que ça ne se produise. Affirmer le contraire serait mentir ou être mal informé.

Voyez ça comme la permission d’écrire le livre que vous voulez écrire, et rappelez-vous-en quand vous travaillez avec un éditeur. Lui aussi veut voir votre livre exister. Il accepte de travailler dessus parce qu’il le trouve bon et parce qu’il pense pouvoir vous aider à le rendre meilleur. Vous pouvez être sûr qu’il fera de son mieux pour vous, qu’il sait beaucoup de choses et qu’il a de bonnes raisons de prendre ses décisions. Mais il ne sait pas tout. D’ailleurs, vous ne l’engagez pas pour qu’il vous donne toutes les réponses, mais pour qu’il soit à la fois votre champion et votre challenger à chaque étape et qu’il vous donne des conseils fondés sur sa connaissance du livre, de la langue et du secteur de l’édition.

« Travaille l’encre sympathique. »

Ce sont les mots de Michael Pietsch, qui a édité, entre autres, Le Chardonneret de Donna Tartt et L’Infinie Comédie de David Foster Wallace. Les éditeurs travaillent très dur pour rester invisibles dans la version finale de votre livre. C’est votre livre. Ils veulent vous aider à en sortir la meilleure version possible, et à vous donner une image professionnelle.

Si vous avez tout lu, bravo et merci ! Je suis certaine que vous trouverez l’éditeur qui vous aidera à améliorer votre livre !

Coralie Raphael
Coralie Raphael

Je parle beaucoup d'auto-édition et essaie d'aider les auteurs à comprendre dans quoi ils mettent les pieds. Parfois j'écris aussi des livres.
En savoir plus.

Publications: 213

4 commentaires

    • Merci, Caroline ! J’espère avoir réussi à démystifier un peu ce qui se cache derrière ce mot et si en plus ça peut aider, alors tant mieux !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :