3 choses que votre éditeur ne fera probablement pas

Qu’est-ce qui chagrine beaucoup d’auteurs ? Le manque de soutien marketing de la part de leur éditeur. Avant l’ère des réseaux sociaux, si la maison d’édition n’investissait pas dans le marketing ou la publicité, l’auteur disposait probablement de peu d’outils pour promouvoir son livre en dehors de sa communauté.

Aujourd’hui, des efforts marketing en ligne de la part de l’auteur et de l’éditeur sont essentiels pour un livre. Si les formes traditionnelles de marketing et de publicité sont toujours importantes (on aimerait tous être visibles en ligne et IRL pour optimiser le bouche à oreille), les efforts des éditeurs à la sortie du livre peuvent se concentrer principalement ou entièrement sur Internet. C’est plus efficace, plus ciblé et plus rentable.

Les auteurs ont parfois des idées bien arrêtées sur ce que leur éditeur devrait faire pour leur montrer qu’il soutient bien leur travail, même si le lieu et la manière de vendre les livres ont radicalement changé au cours de la dernière décennie. Voici trois choses que vous souhaitez peut-être ou attendez de votre éditeur, mais qui ont très peu de chances de se produire.

1. Vous envoyer en tournée de dédicaces dans toute la France

C’est probablement la plus grande déception des auteurs à en juger par les discussions sur les forums et les réseaux sociaux où les auteurs débutants partagent leurs inquiétudes et leurs questions.

Voici pourquoi les éditeurs ne vous enverront pas en tournée de dédicaces : les manifestations autour du livre font partie des moyens les moins rentables de vendre des livres. Vous risquez d’obtenir un très faible taux de participation à plusieurs endroits et de ne vendre qu’une poignée d’exemplaires à chaque événement.

La principale raison de faire une tournée dans plusieurs villes est généralement d’obtenir une couverture médiatique et de toucher le plus grand nombre possible de personnes qui n’assisteront pas à l’événement. Plus on entend parler de votre livre à différents endroits, mieux c’est. Malheureusement, les médias locaux ont moins d’influence qu’avant. Les possibilités de couverture médiatique ont diminué, ce qui réduit également l’intérêt des tournées de dédicaces.

Cela dit, les séances de dédicaces aident les auteurs à se constituer un réseau et à nouer des relations avec les libraires. Ça s’avère payant à long terme. Mais le bénéfice est rarement lié à la vente de livres à court terme. Sauf si votre nom attire les foules.

Ça ne veut pas dire qu’un éditeur ne vous aidera pas à mettre en place les événements que vous planifiez. Mais n’attendez pas d’eux qu’ils organisent ou financent une tournée dans plusieurs villes où aucune participation n’est garantie. C’est un pari trop risqué en matière de temps et de ressources pour tout le monde.

Si vous souhaitez organiser des événements, sachez qu’il y a plus efficace qu’une simple séance de dédicaces dans une librairie. Pensez à toutes les associations, entreprises et écoles qui pourraient bénéficier de votre visite ou d’un atelier ; pensez aux endroits qui pourraient vous rémunérer en échange d’une conférence. Réfléchissez également à la possibilité de vous associer à d’autres auteurs. Ça augmente presque toujours la portée de l’événement et la taille du public.

2. Investir dans votre livre autant que dans leurs auteurs principaux

C’est facile de tomber dans le piège de la comparaison. Vous regardez les autres livres publiés par votre éditeur au même moment que le vôtre et vous constatez qu’on leur consacre plus de temps et d’attention. Pourquoi ne bénéficiez-vous pas du même traitement ?

Les éditeurs ne réservent pas le même traitement à tous leurs titres. Certains (en particulier ceux dont les auteurs ont reçu des avances à six chiffres) sont susceptibles de recevoir le plus de soutien, d’attention et d’investissement. Ce sont les titres qui apparaissent en tête du catalogue de l’éditeur avec un traitement en pleine page ou en pleine largeur.

Si votre livre ne fait pas partie de ces titres, vous recevez un traitement plus standard ou de base. C’est celui que tous les auteurs reçoivent. L’éditeur se tient prêt à réagir s’il y a un gain rapide quelque part : une critique remarquée, une mention par quelqu’un de célèbre, un regain d’attention sur lequel on peut capitaliser.

Tous les livres ne sont pas susceptibles de recevoir une publicité d’envergure nationale ou un énorme effort marketing auprès des principaux médias. Cependant, l’attention « standard » que votre livre reçoit n’est pas sans valeur. Elle implique probablement :

  • la création d’exemplaires destinés aux services de presse
  • l’envoi à des revues et autres médias importants
  • l’organisation de concours
  • des publicités ciblées, etc.

L’éditeur ne se concentrera pas toute son attention sur les ventes et le marketing de votre livre. Sauf s’il prend de l’ampleur d’une manière ou d’une autre ou suscite de l’enthousiasme sur le marché.

Ce qui nous amène à la chose la plus importante en votre pouvoir. Tentez de savoir le plus en avance possible quels sont les projets de votre éditeur pour votre livre. Si possible, faites-lui savoir de manière proactive, au moins six à neuf mois avant la date de publication, vos plans pour faire connaître votre livre. Ils pourront alors suggérer des moyens de soutenir et d’étendre ce que vous faites. Ils pourront aussi combler les lacunes là où vous avez moins de force en matière de marketing ou de publicité. Plus vous considérez qu’il s’agit d’un travail d’équipe, où vous prenez tous deux des initiatives, mieux vous vous en porterez.

Il vaut mieux que votre éditeur connaisse vos intentions avant qu’il ne commence à présenter son catalogue à ses plus gros clients. Les commandes des libraires et des grossistes sont passées avant la sortie du livre. Ces commandes sont affectées par le plan de marketing et de publicité que l’éditeur présente et sur lequel il s’engage. Vos efforts font partie de ce plan. Ils ne peuvent pas faire la différence si votre éditeur n’en a pas connaissance. N’attendez pas les semaines précédant le lancement pour élaborer votre plan. À ce moment-là, la plupart des plans de marketing et de publicité de votre éditeur (ceux qui sont le plus susceptibles d’affecter les commandes en librairie ainsi que la promotion et le placement au niveau national) sont déjà terminés.

3. Communiquer sur votre travail après la période de lancement

Une fois que vous savez que les efforts et la planification les plus importants de votre éditeur ont lieu bien avant la sortie du livre, vous comprenez mieux pourquoi ses activités post-lancement peuvent être minimes. Le plan qui a été décidé il y a plusieurs mois a déjà été mis en œuvre. Après la sortie du livre, il s’agit donc principalement de coordonner, de suivre et de profiter de la dynamique qui a été créée.

Malheureusement, la grande majorité des lancements de livres se traduisent par quelques ventes, quelques critiques. Mais rien d’exceptionnel qui puisse motiver l’éditeur à investir davantage de ressources. Pour les auteurs qui n’ont pas préparé ou réfléchi au lancement, c’est le moment où la panique s’installe. Surtout s’ils attendaient davantage de l’éditeur. Les éditeurs font un gros travail de marketing et de publicité au sein de l’industrie (libraires, grossistes, bibliothèques, critiques, médias). Mais ce travail a tendance à être invisible pour l’auteur. Ces activités destinées à l’industrie peuvent ne pas produire les ventes que tout le monde souhaite. Ou elles peuvent ne pas affecter de manière significative le nombre de lecteurs qui entendent parler du livre.

Chaque maison d’édition a ses points forts et sa façon d’atteindre les lecteurs. Mais cela se fait presque toujours en ligne (Babelio, réseaux sociaux, publicité sur les blogs et les newsletters, etc.). Toutefois peu d’éditeurs continueront à déployer de tels efforts au-delà de trois mois après la date de publication ; ils font de leur mieux pour soutenir les ventes initiales dans les magasins et créer un bilan positif. Ensuite, ils doivent passer aux tritres de la saison suivante.

Les auteurs peuvent continuer à toucher les lecteurs dans les mois (et les années) qui suivent la publication par tous les moyens en leur possession, que ce soit en ligne ou IRL. Plus de la moitié des ventes d’un livre sont susceptibles de se faire sur Amazon. La suite des ventes à long terme est affectée par le classement et les critiques sur ce site. Ne vous préoccupez pas trop de savoir si votre livre est toujours en stock en librairie. Concentrez-vous davantage sur les moyens d’attirer durablement l’attention et de faire parler de votre livre auprès des lecteurs les plus susceptibles de l’acheter.

Coralie Raphael
Coralie Raphael

Je parle beaucoup d'auto-édition et essaie d'aider les auteurs à comprendre dans quoi ils mettent les pieds. Parfois j'écris aussi des livres.
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Publications: 213

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